20 septembre 2019

Dans le logement social, le numérique est un levier clef des stratégies de rénovation énergétique

Engagés depuis plusieurs années dans la rénovation énergétique de leur patrimoine, les bailleurs sociaux misent sur le numérique, pour optimiser les coûts de construction, massifier la rénovation et  mieux gérer les consommations. Cédric Van Styvendael, Directeur Général du GIE « La Ville Autrement » et Président d’Housing Europe pointe les enjeux à relever et les solutions à suivre.

Quel bilan peut-on tirer aujourd’hui des programmes de rénovation énergétique dans le parc français et européen ?

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En terme de volume, le logement social est le secteur qui s’est le plus mobilisé pour la rénovation énergétique, et c’est normal car l’enjeu est de baisser les consommations,  d’alléger la facture des locataires et d’entretenir le patrimoine immobilier.
En Europe, 2 millions de logements ont été rénovés entre 2010 et 2015, représentant 36 milliards de travaux. En France le rythme est de 100 à 150 000 logements rénovés par an, mais le chemin est encore long: il reste près d’un million de passoires énergétiques dans le parc social, dont l’étiquette énergie est classée E, F ou G.

La facture de la rénovation énergétique est élevée, de l’ordre de 40 à 50 K€ par logement, sans que le locataire ne voit pour autant son logement s’améliorer. Par ailleurs, si les résultats en matière de consommation énergétique sont bons avec des baisses de 40 à 50%, des charges moindres et un confort d’été bien supérieur, les économies générées s’amortissent sur le long terme. Et les financements publics aujourd’hui ne prennent pas suffisamment en compte cet aspect-là, ce qui impose aux bailleurs d’être particulièrement innovants pour financer une massification de la rénovation.

Le recours aux technologies numériques est-il un des axes d’innovation permettant d’optimiser les coûts de rénovation ?

Oui, c’est un axe. Lors du dernier Festival du logement social, organisé par Housing Europe, la Métropole de Lyon et l’AURA HLM à Lyon l’été dernier, nous avons mis en avant une opération exemplaire réalisée dans le cadre du programme européen « Energie Sprong ». Depuis mars a débuté à Vaulx-en-Velin un programme de rénovation de 1000 logements, qui va se réaliser en 18 mois, un record en termes de délais. Ce programme, une première en Europe de cette envergure, permettra d’atteindre un niveau BBC. Il a été entièrement conçu en BIM, ce qui a permis de  proposer une nouvelle façon de réhabiliter, plus rapide, de meilleure qualité et plus respectueuse de l’environnement grâce notamment à l’utilisation de matériaux bio-sourcés produits localement. Cette opération donne le ton de ce que les bailleurs sociaux doivent mettre en place : des regroupements de commande pour développer des filières locales et construire en circuits courts, des technologies de conception et de construction innovantes, … pour réduire les coûts de rénovation, sans minorer la qualité.

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La résidence Préssencé de la fondation ARALIS à Villeurbanne, où les solutions de gestion des consommations ont déjà été mises en œuvre.

Les rénovations intègrent-elles des systèmes connectés de monitoring des bâtiments et des logements ?

On ne peut réussir une rénovation énergétique si l’on ne travaille pas sur l’accompagnement des usages, parce que l’enjeu est de faire évoluer les comportements. Donner à voir la température, la consommation, la qualité de l’air d’un logement à ses habitants est pédagogique. Tous les moyens sont bons, y compris les approches un peu ludiques pour générer ces prises de conscience et impliquer l’usager. La question est de s’adapter aux publics, de proposer des solutions simples et positives.  De nombreuses expérimentations sont menées dans le logement social sur ces sujets. Lorsque je dirigeais Est Métropole Habitat, nous avons lancé, en 2018, la construction pour le compte de la fondation ARALIS d’une résidence sociale de 200 logements à Lyon 8, dédiée aux personnes isolées, en difficulté d’accès au logement. ou en mobilité dans la région. L’objectif était de guider les résidents, durant leur passage, dans la gestion de leurs consommations afin qu’ils adoptent les bonnes habitudes à avoir dans un logement de droit commun où ils seront responsables de leurs factures et de leurs charges. Nous avons retenu une solution technique, déjà testée sur d’autres résidences. Chaque appartement possède un système centralisé de gestion des consommations de chauffage, d’électricité et d’eau. Lorsque le résident quitte le logement, les prises électriques, les plaques de cuisson, l’éclairage et les arrivées d’eau se coupent, et le chauffage bascule en mode absence. Un reporting des consommations, simple et intelligible, est remis chaque mois aux résidents.
De son côté, le gestionnaire dispose d’une interface qui permet en temps réel ou par période d’avoir une maîtrise des consommations de chaque logement.
Les bailleurs sociaux se saisissent de plus en plus de ces nouvelles technologies, car elles apprennent à consommer moins et mieux et permettent d’optimiser les charges. C’est du gagnant-gagnant.

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