26 août 2019

Fonds Chaleur : en avant le bois énergie !

Le Fonds Chaleur qui a fait l’objet d’une table ronde lors de la dernière édition de Bepositive est une promesse de l’Etat issue du Grenelle de l’environnement. Il fête ses 10 ans cette année. Destiné à l’habitat collectif, aux collectivités et aux entreprises, ce fonds, géré par l’ADEME, a pour objectif de développer la production de chaleur à partir des énergies renouvelables. Focus sur le bois énergie qui produit 67% des mégawattheures financés par le Fonds Chaleur à ce jour.

La chaleur qui représente aujourd’hui près de la moitié des consommations d’énergie est un levier stratégique du Plan Climat de l’Europe. L’ambition du Fonds Chaleur est de favoriser la production de chaleur à partir de ressources renouvelables telles que la biomasse, la géothermie, le solaire thermique ou de la chaleur issue de process industriel (dite chaleur fatale)... et de permettre sa compétitivité par rapport à celle produite à partir d’énergies conventionnelles. Il accompagne ainsi des installations de production de chaleur renouvelable comme des réseaux de distribution (création, densification, extension).


Un fonds qui monte en puissance

Depuis 2009, l’enveloppe annuelle du Fonds Chaleur a doublé. Elle est passée de 169 M€/an à 307 M€ en 2019. Les aides représentent au total, sur 10 ans, près de 2 milliards d’euros pour un montant de travaux de 7 Mds €. Le fonds s’adresse aussi bien à des grands projets qu’à des plus petits, avec un seuil minimal de production ajusté en fonction du combustible. Dans le but de rendre très accessible ce fonds, un système d’aide forfaitaire permet aux maitres d’ouvrage de connaître à l’avance le montant de leur subvention, c’est le cas pour 80 % des projets aidés. Les projets d’envergure sont quant à eux instruits sur la base d’une analyse économique.

Outre les conseils apportés sur le montage du projet, l’ADEME calcule les subventions au plus juste pour aider de façon efficace un maximum de projets. La moyenne d’aide apportée est de l’ordre de 35% du montant de l’investissement

Explique Nelly LAFAYE, en charge du Bois énergie, Réseaux de chaleur et Géothermie profonde à l’ADEME.


Les projets bois, une part importante du fonds

La biomasse représente une part importante des projets. Depuis 10 ans, la mise en œuvre du Fonds Chaleur a permis de développer de nombreuses chaufferies bois collectives et industrielles. Sur les près de 2 milliards d’euros apportés aux 4800 installations subventionnées par le Fonds Chaleur, 39% ont contribué à financer des chaufferies bois et 39% des réseaux de chaleur. Alors que le solaire et le biogaz représentent chacun 4% du montant des aides, la géothermie et les PAC 8%. En 2018, le Fonds Chaleur a financé une capacité de production de près de 28 téraWattheures. 67 % sont produits par des chaufferies bois. Si les investissements pour les installations des chaufferies bois ou des réseaux de chaleur sont importants, ils permettent une facture énergétique en coût global plus stable, et à terme, les énergies renouvelables sont plus rentables que les énergies fossiles.

Le prix de revient de la chaleur est composé très majoritairement par l’amortissement des investissements (calculé sur des durées longues de 60 ans pour les réseaux et de 20 ans pour les chaudières bois), cette valeur est donc stable dans la durée. Les coûts variables sont ceux de la maintenance et du combustible, qui ne représentent plus qu’une petite partie. A l’inverse, pour une installation fossile, ce sont les frais de gaz ou de fioul, très variables, qui constituent la majeure partie. C’est pour ça qu’on dit que les énergies renouvelables sont capitalistiques.

Précise Nelly LAFAYE.


Le choix de la biomasse, de Lyon …

En avril 2019, la Métropole de Lyon a mis en service la plus grande chaufferie biomasse publique de France pour alimenter le réseau de chauffage public. La collectivité avec son concessionnaire a investi plus de 200 M€ dans le projet d’extension du réseau centre métropole et de construction d’une chaufferie bois, projet soutenu à hauteur de 42 M€ par le Fonds Chaleur. Cette nouvelle unité fournira 20 % de la chaleur distribuée sur le réseau public, en complément de l’unité de traitement des déchets de Gerland qui couvre 45% des besoins. L’ensemble des investissements permettent d’assurer le chauffage en hiver de 45 000 équivalents-logements dans un premier temps et d’atteindre plus de 130 000 équivalents-logements à terme.

BD0A0063_0.JPG

BD0A0112.JPG

DJI_0296.JPG

La chaufferie biomasse de Surville : un partenariat exemplaire entre la Métropole de Lyon, l’ADEME et Dalkia.

85.000 tonnes/an de bois alimenteront les trois chaudières de 17 mégawatts chacune. Le bois est constitué de plaquettes forestières, écorces, chutes de scieries et produits bois en fin de vie provenant en moyenne d’un rayon de moins de 90 km autour de Lyon …. Cette nouvelle installation est exploitée par Dalkia-ELM dans le cadre d’une délégation de service public. Le contrat d’une durée de 25 ans prévoit un taux d’énergies renouvelables et de récupération de 65 % pour l’ensemble du réseau urbain. La biomasse émet 20 fois moins de CO2 que le fuel. De plus, ce projet est créateur de plus d’une cinquantaine d’emplois directs pour la gestion/maintenance du service et pour la filière de l’approvisionnement).

…à Aurillac

Un nouveau réseau de chaleur bois sera en service à Aurillac dès l’été 2020. La première pierre de la chaufferie qui alimentera le réseau de chaleur bois de la ville vient d’être posée fin juin 2019. Le montant de l’investissement est de 17 M€, dont 10 M€ financés par l’ADEME

La mise en service de cette installation permettra une maitrise de l'impact environnemental correspondant au chauffage de 3400 équivalent logement en produisant 42 GWh de chaleur renouvelable et en évitant l’émission de 9 600 tonnes de CO2 par an, soit 130 bâtiments sur une distance totale de15 km. La capacité du réseau est de près de28 000 mégawatts. Il faut savoir qu’un réseau de chaleur est rarement 100% bois, celui d’Aurillac fonctionnera à 89% avec la chaufferie bois et bénéficiera d’un complément via une chaudière fossile qui fonctionnera en parallèle pour faire face aux jours de grand froid. La filière biomasse locale sera également consolidée par cette réalisation structurante, puisque 18 000 tonnes de bois énergie seront valorisées par an, avec un taux de plaquettes forestières de 87% et un périmètre d'approvisionnement de 100 km autour de la chaufferie. Côté montage du projet, « ce genre de projet n’est pas souvent monté en régie car les investissements seraient lourds par rapport au budget communal mais aussi nécessiteraient l’intégration de nouvelles compétences dans les services de la commune. Aurillac a donc choisi de fonctionner dans le cadre d’une délégation de service public avec ENGIE Cofely, concessionnaire. » Explique Nelly LAFAYE


Pour aller plus loin… Dynamic bois

L’ambition du Fonds Chaleur est également de favoriser l’emploi et la structuration des différentes filières mais aussi d’expérimenter de nouvelles technologies pour une meilleure mobilisation des EnR, en vue de leur généralisation. Le contrat stratégique de Filière Bois signé en décembre 2014 a permis d’élargir le périmètre d’action du Fonds Chaleur aux actions de mobilisation du bois. En effet, les objectifs de la loi sur la transition énergétique nécessitent une mobilisation additionnelle de bois et la préparation de la ressource future à l’échelle des territoires pour impulser une dynamique durable dans l’approvisionnement des chaufferies bois. C’est dans ce cadre que les Appels à Manifestation d’Intérêt Dynamic Bois ont été lancés en 2015 puis reconduits en 2016. Le Fonds Chaleur a financé différents projets portés notamment par des groupements forestiers.

« Il y a suffisamment de bois en France. Mais, si les sites accessibles sont bien exploités, de nombreuses parcelles restent incultivées faute d’accès. Cette opération Dynamic bois a fait progresser la mobilisation du bois. La gestion durable des forêts est un enjeu important pour le développement de la chaleur renouvelable issue du bois. ».

En savoir plus

 

Crédit photos : Dalkia

Partager cette page :
22 août 2019

ARMOR veut devenir le leader mondial du film photovoltaïque organique souple

L’entreprise nantaise, qui dispose déjà d’un savoir faire mondial dans la formulation d’encres et le dépôt de couches d’encres fines sur films minces, a développé un film photovoltaïque organique souple, le film ASCA®. Moira Asses, responsable du marketing et du développement commercial, nous parle de cette innovation de rupture, présentée en février dernier sur le salon BEPOSITIVE, et de l’avance prise par ARMOR pour s’imposer sur ce marché émergent, à très fort potentiel.
Lire la suite
28 août 2019

Vidéo de l'été - zoom sur le BIM

Comment les acteurs du bâtiment se saisissent-ils du BIM ? Réponse d’Yves Menez, général manager de l'éditeur de logiciels CYPE dans cette vidéo d’Actu Environnement réalisée sur BePOSITIVE 2019
Lire la suite

Abonnez-vous à notre news !

Pour recevoir notre newsletter marché sur les actualités clés de la filière, merci de compléter le formulaire suivant :

© 2017 tous droits réservés. Mentions légales