20 novembre 2018

ECORENO’V, coup de boost sur la rénovation !

[ENTRETIEN AVEC : Béatrice Vessiller, Vice-présidente de la Métropole de Lyon]

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En 2015, la Métropole de Lyon ouvrait sa plateforme ECORENO’V, avec l’ambition d’accélérer l’éco-rénovation des logements privés, notamment les copropriétés. Trois ans après, le point sur ce dispositif qui monte en puissance avec Béatrice Vessiller, Vice-présidente de la Métropole de Lyon. 


Quelle est l’ambition de la Métropole de Lyon au travers de sa plateforme ECORENO’V ? 

Dans le cadre du volet habitat du Plan Climat Energie de la Métropole, nous avons mis en place une politique volontariste de rénovation de l’habitat avec ECORENO’V. Cette plate-forme accompagne principalement les propriétaires de logements privés et notamment les copropriétés, en les conseillant sur l’éco-rénovation et en leur proposant des aides financières. Nous nous sommes fixés quatre objectifs : les économies d’énergie, le confort thermique de l’usager, l’amélioration de la qualité architecturale et la lutte contre la précarité énergétique. La condition de sa réussite repose sur l’engagement de toutes les parties prenantes du bâtiment. Pour cela, une charte  a été signée en décembre 2016 avec les fédérations syndics de copropriétés, des agents immobiliers, la Fédération du Bâtiment, la CAPEB, la Chambre des Métiers, l’Ordre des Architectes, des maitres d’œuvre et économistes de la construction, le CAUE, des énergéticiens, des banques... c’est tout un réseau qui est aujourd’hui en action sur notre territoire en faveur de l’éco-rénovation !


Comment fonctionne concrètement la plateforme ?

L’ALEC* de Lyon, notre partenaire privilégié sur ce dispositif, anime un espace d’information où sont accueillis des propriétaires en questionnement sur la rénovation de l’habitat. Son rôle : conseiller les maitres d’ouvrage et les accompagner vers des projets de rénovation globale ambitieux, notamment sur la performance énergétique, en proposant des aides financières mais aussi un accompagnement de proximité. Pour obtenir les aides, les travaux doivent viser le BBC ou a minima, 35% d’économies d’énergie. Ces projets qui concernent le plus souvent des copropriétés s’inscrivent sur un temps long. Il faut entre 2 à 3 ans pour étudier un projet d’éco-rénovation et se mettre d’accord au sein de la copropriété. L’ingénierie est donc essentielle pour garantir leur aboutissement, c’est pourquoi nous travaillons avec l’ALEC et Soliha, ainsi qu’avec des prestataires que nous finançons pour accompagner plus particulièrement certaines copropriétés.

*Agence Locale de l'Énergie et du Climat


Pouvez-vous nous en dire plus sur les aides ECORENO’V ?

Le niveau de financement engagé par la Métropole est de 3 500 euros par logement pour des travaux de niveau BBC et 2000 € pour les travaux visant les 35% d’économies d’énergie. Ce qui réduit de façon intéressante le reste à charge sachant que le coût moyen des travaux de rénovation a été évalué entre 10 000 et 17 000 € par logement en copropriété. Les aides sont attribuées hors conditions de ressources (sauf dans certains cas, en maison individuelle) et cumulables avec les aides de l’ANAH pour les ménages modestes. Ce dispositif est également ouvert aux bailleurs sociaux qui peuvent bénéficier d’une aide plafonnée à 5000 € par logement.


Après 3 ans d’existence, quel est le bilan d’ECORENO’V ?

La dynamique est enclenchée avec un réel engouement. Les syndics de copropriété mais aussi les maîtres d’œuvre s’emparent du sujet. 6 400 logements ont bénéficié des aides ECORENO’V, 2 400 pour le parc social et plus de 4 000 pour le parc privé, ce qui représente plus de 17 M€ de financement de la Métropole. Aujourd’hui, un grand nombre de projets pré identifiés par l’ALEC va arriver à maturité. Ainsi, en fin 2018 et en 2019, 8 000 logements privés et 2000 logements sociaux devraient bénéficier d’ECORENO’V. Initialement, le budget d’investissement ECORENO’V était de 30 M€ sur le mandat. Mais compte tenu de cette montée en charge, la Métropole a décidé d’engager 20 M€ supplémentaires d’ici 2020. Nous allons pouvoir ainsi soutenir plus de projets. 


Vous venez d’introduire un bonus en faveur de l’utilisation de matériaux biosourcés, quelle est votre ambition ?

Les matériaux bio-sourcés sont sains, efficaces et moins énergivores. Ils vont dans le sens de notre politique et des nouvelles réglementations. Pour stimuler leur utilisation, un bonus pouvant aller jusqu’à 2 500 euros est accordé, aux projets comportant des isolants ou menuiseries bio-sourcés. Nous voulons mobiliser les entreprises et les artisans en communiquant régulièrement avec eux sur l’efficacité de ces matériaux via des projets réussis. De leur côté, les artisans devront monter en compétences sur la mise en œuvre. La formation sera un enjeu important du déploiement de ces matériaux. Enfin, la communication auprès du grand public sera l’autre levier de ce nouveau cap. 


Quels sont les prochains objectifs de la Métropole de Lyon ?

Nous allons renforcer notre action auprès des propriétaires de maisons individuelles qui représentent 19 % du parc de la Métropole pour 32 % de la consommation d’énergie en nous appuyant notamment sur les notaires et les agents immobiliers, afin d’encourager les travaux d’éco-rénovation au moment de l’acquisition d’une maison. Mais il y a aussi beaucoup à faire, côté patrimoine immobilier de la Métropole : avec 500 000 m² de collèges et des bâtiments tertiaires dont l’Hôtel de la Métropole, les besoins de rénovation sont énormes. Aujourd’hui pour atteindre les objectifs du Plan Climat Air Energie, nous devons jouer ensemble sur tous les tableaux, avec une politique métropolitaine forte, en lien avec les communes, avec des actions concrètes vers les citoyens, les entreprises, et beaucoup de pédagogie et de communication auprès du grand public.

En savoir plus

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