20 septembre 2018

Bâtiment Bas Carbone : «Gagner lentement c’est perdre»

[ENTRETIEN AVEC: Hélène Genin, Déléguée générale de l'association BBCA] Photo Helene_Genin_HD.jpg

L'association BBCA lance prochainement un label dédié à la rénovation, met à jour son référentiel pour la construction neuve et dévoile ses travaux à l'échelle d'un quartier. Avec un objectif clef : réduire rapidement et significativement la contribution du bâtiment au réchauffement climatique. 

Le label BBCA pour la construction neuve date de deux ans. Quel premier bilan peut-on en tirer?

La vocation de l’association est de mobiliser et d’éclairer les consciences pour promouvoir des modes de faire plus vertueux. Le bâtiment est le secteur le plus émissif de GES en France. 1m2 construit génère 1,5 tonne de CO2 sur 50 ans. Le label BBCA vise une réduction de ces émissions par deux, soit 750 kg/m². En deux ans, nous avons labélisé plus de 30 opérations, très diversifiées, et 20 bâtiments sont engagés dans la démarche. Les grands donneurs d’ordre membres de l’association, qu’il s’agisse des promoteurs ou des maitres d’ouvrage, ouvrent la voie et agissent pour que l’objectif bas carbone devienne la norme.

Parmi les signaux très positifs, nous constatons que la labellisation BBCA est de plus en plus présente dans les appels d’offres et des aides financières à la construction sont délivrées pour y parvenir. La Direction du Logement et de l’Habitat de la Ville de Paris, notamment, a ajouté le label BBCA dans les bonus de financement du logement social et intermédiaire ainsi que le Conseil régional d’Ile-de-France. La loi Elan, de son côté, inscrit les notions de règlementation environnementale et valorise notamment le stockage du carbone levier clef de la démarche bas carbone, ce qui est très positif. La dynamique est engagée, mais il faut aller vite et également s’attaquer à la rénovation, qui constitue un enjeu majeur.


Précisément, quels sont les attendus de ce label rénovation ?

Le label BBCA rénovation a été conçu pour s’appliquer aussi bien aux opérations de réhabilitation lourde, impliquant un curage complet du bâtiment qu'aux interventions moins extensives, comme les rénovations thermiques. Pour élaborer ce référentiel, nous avons travaillé avec la commission technique BBCA rénovation et plus de 40 bâtiments d’études qui nous ont permis de dresser des constats, d’identifier des bonnes pratiques et d’évaluer les marges de progression. Les quatre indicateurs restent les mêmes que pour la construction neuve : une construction raisonnée intégrant le cycle de vie du bâtiment, des consommations énergétiques réduites, un stockage du carbone et un accent mis sur l'économie circulaire.


Vous évoquez les « bonnes pratiques », quelles sont celles que le label soutient ?

Côté énergie, poids déterminant de la rénovation, il s’agit de diviser au minimum par 2 les émissions en exploitation. Du côté des matériaux, qui représentent un levier non négligeable dès que l’on agit sur l’enveloppe, notamment dans le cas d’une rénovation lourde, le référentiel insiste sur leur conservation ou au moins sur leur réemploi. La réalisation avant travaux d'un diagnostic de ressources devient obligatoire, il doit permettre d’évaluer le potentiel de réemploi des matériaux, sur place ou même ailleurs, dans le cadre d'un processus de mutualisation entre plusieurs projets. Chaque action allant en ce sens sera bonifiée : par exemple, l'empreinte carbone des matériaux conservés en l'état dans le bâti est évaluée à zéro. Le label valorise également le stockage temporaire de carbone, ce qui prend en compte les bénéfices des matériaux biosourcés.


Quels sont vos prochains axes de travail ?

Tout d’abord, présenter les premières opérations de rénovation bas carbone labellisées BBCA rénovation dont certaines pourraient être parmi les bâtiments d’études qui ont permis de structurer le référentiel : Immobilière 3F, Le Toit Vosgien, Gecina, Altarea-Cogedim, Paris habitat, Oise Habitat, Icade ou encore Bouygues Bâtiment Ile-de-France, qui est d’ailleurs devenu mécène du label rénovation.

Nous continuons parallèlement la mise à jour du label construction neuve, avec la sortie d’une version 3.0, qui grâce aux retours d'expérience nous permet de faire progresser la méthode de mesure des émissions carbone et d’ajuster les seuils d’exigence propres à valoriser l’exemplarité carbone. Nous nous attaquons aussi au quartier bas carbone et présenterons très prochainement une étude inédite réalisée avec les experts du CSTB et d’Elioth, avec le soutien de BNP Paribas Real Estate. Cette étude décrypte les composantes de l’empreinte carbone du quartier, identifie les grands leviers pour agir et pose les bases d’un futur référentiel carbone à l’échelle du quartier. Enfin, nous sommes mobilisés dans le comité de pilotage à l’œuvre sur l’élaboration de la future réglementation environnementale prévue pour 2020. Notre volonté est d’agir pour mobiliser la profession, développer la connaissance et accélérer le mouvement, avec tous ceux qui souhaitent s’engager dans le bâtiment bas carbone, qui est la construction de l’avenir.

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